Chez tata Sylvie

Chez tata Sylvie

Bébé - Je deviens propre


Propreté

 

 

Ceci est extrait du livre de Christiane Collange : "J'ai un an",

Copie disponible auprès de note RAM;

 

La propreté, cela ne "s'apprend pas". Maman, je vais certainement te surprendre ou même te choquer mais tu sais, la propreté c'est comme la marche : ça ne s'apprend pas. Par contre, ce que tu peux faire pour moi, c'est me mettre dans les meilleures conditions pour que j'acquière de moi-même, le moment venu, la possibilité et le désir de contrôler mes 'sphincters". Et pour cela, il faut que je sois prêt physiquement et psychologiquement. Là comme dans tout mon développement, je vais suivre mon propre rythme. C'est pourquoi il est parfaitement inutile et peut-être même ennuyeux que tu manifestes à ce sujet impatience ou inquiétude.

 

 

C'est moi qui déciderai du moment où je serai propre :

 

Je serai donc propre à 18 mois, 2 ans ou 2 ans 1/2, nul ne le sait, c'est moi (du moins c'est ce qu'on peut souhaiter) qui vais décider du moment.

 

Il se peut que, ô surprise, je cesse de salir mes couches vers un an. C'est très rare mais si elle se fait spontanément, sans que tu interviennes, cette acquisition sera sans danger psychologique. A l'inverse je peux encore porter des couches à 2 ans 1/2 sans qu'il y ait là la moindre anomalie.

 

Mais si tu as un doute sur la fréquence, la consistante, le volume de mes selles ou de mes urines, ou bien s'il y a douleur, n'hésites pas alors à consulter un médecin.

 

Pour que je sois propre, il faut que je le puisse physiquement :

 

Tu sais bien que lorsque j'étais un bébé, mon système nerveux n'était pas achevé. Par exemple, les fibres qui transmettent de mon cerveau vers mes muscles les ordres concernant les mouvements volontaires (tels que la marche, se retenir, se relâcher) n'étaient pas encore fonctionnelles. Cette "maturation" se fait progressivement et ce n'est donc pas par hasard si l'âge de la marche et de la propreté se suivent d'assez prêt.

 

Ce n'est pas par hasard non plus si de plus en plus de médecins conseillent de ne me parler du pot que lorsque je saurai monter tout seul trois marches. C'est que cet exercice révèle simplement la maturité des fibres nerveuses dont je parlais plus haut.

 

Pour que je sois propre, il faut que je le veuille :

 

Faire dans le pot plutôt que dans les couches ne présente pas d'emblée que des avantages. D'abord, parce que je n'ai pas, comme vous, gêne ou dégoût. C'est si vrai que dès que je peux, j'aime malaxer mes selles, m'en barbouiller, voire en manger sans manifester le moindre désagrément. Le dégoût, je l'apprendrai, ce n'est pas une sensation spontanée. Il m'arrive même de rechercher, contrairement à ce que tu pourrais penser, le contact de la couche humide, tiède et visqueuse sur ma peau. C'est que, vois-tu, nous n'avons pas encore tout à fait la même notion du confort. Ensuite, parce qu'être propre implique que je vais devoir renoncer à être changé, pommadé, parfumé, câliné partout par une maman douce et tendre. Et je n'abandonne pas ces merveilleux instants si simplement.

 

Je suis sensible à la manière dont on me change :

 

Mais toi, tu as peut-être constaté que justement, j'ai le sens du confort, que je crie chaque fois que mes couches sont sales. Ce n'est peut-être pas l'inconfort de la couche mouillée qui me fait pleurer. Une fois que tu auras éliminé avec le médecin toute origine médicale à ces cris; essaie de réfléchir à la manière dont se déroule le change. Ou bien encore demande à ma nourrice de le faire un jour devant toi, car mes cris sont peut-être une tentative de ma part pour te faire comprendre mon appréhension, mon inquiétude à l'idée de recevoir des soins mécaniques, brutaux et dénués de tendresse.

 

Peut-être n'as-tu simplement jamais pensé que j'étais si sensible à la manière dont on me change et que ce n'est pas seulement la qualité technique de ces soins qui me donne du bien-être , mais aussi les rires, sourires et "conversations" que nous échangeons à ce moment-là.

 

Accéder à la propreté s'accompagne d'inquiétude et d'angoisse :

 

Rappelle-toi, je n'ai pas dès la naissance une pleine conscience de l'unicité de mon corps. Pendant de nombreux mois encore cette sensation de former un tout unique restera une certitude fragile. En particulier, l'idée du dehors et du dedans. Je ne comprendrai que lentement que ce qui sort de mon corps peut-être perdu sans dommage. Que ça n'est pas un morceau de moi qui s'en va.

 

Si tu exiges trop tôt et avec trop de sévérité que je sois propre, alors que je n'ai pas encore compris cette différence, je risque bien de garder longtemps le sentiment qu'à chaque séance de pot, je perds quelque chose de moi-même, et que cette perte est exigée par ceux dont je dépends tant pour l'affection que pour le simple bien-être physique.

 

Cette angoisse, tu l'as peut-être observée s'il m'est arrivé de faire une selle dans mon bain.

 

C'est un expérience si inquiétante pour moi qu'il peut bien m'arriver ensuite pendant des semaines ou des mois de refuser avec terreur d'aller dans le bain.

 

Comment m'aider à devenir propre :

 

Tu peux me proposer le pot lorsque je manifeste le besoin d'uriner ou de faire une selle. Sans aucune brusquerie, ni précipitation, avec patience, tu vas me montrer le pot, me demander : "veux-tu aller sur le pot ?" et m'asseoir dessus. Peu importe si j'ai déjà fait tout ou partie. Au bout de quelques minutes, que j'aie fait ou non, n'hésite pas à me relever et à me remettre ma couche. Ce n'est pas le fait de supprimer les couches qui me rendra propre. Au contraire, chaque accident risque de provoquer un peu plus de tension car tu penseras certainement à la lessive qui t'attend. Alors le plus simple pour nous deux, c'est de me remettre ma couche. Et si j'ai fait dans le pot, de me sourire ou me complimenter pour manifester ton intérêt. Mais attention, pas d'extase, ce n'est pas un exploit et ne me laisse pas croire que c'est le plus grand évènement.

 

 


10/01/2013
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